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En cette fin d’été 2018, les climato-sceptiques voient leurs rangs s’éclaircir.

EDITORIAL : Yves Lesgourgues Président de Groupama Forêts Assurances

En effet, depuis le début de l’année nous assistons à une série d’événements climatiques qui ne laissent pas d’inquiéter.
Et puisque notre mémoire volatile et sélective nous amène à oublier rapidement la séquence des anomalies, parfois catastrophiques, qui jalonnent notre quotidien, récapitulons :

En France, l’année 2018 commence par deux tempêtes virulentes baptisées Carmen (1er Janvier sur le Nord et l’Arc atlantique) et Eleanor (3 Janvier, moitié Nord de la France, Alpes, Corse) entraînant des dégâts significatifs dans certaines parcelles forestières.

Le mois de Mai va s’accompagner de perturbations orageuses exceptionnelles sur l’ensemble de l’hexagone ; plus de 200 000 impacts de foudre relevés par Météo France, du jamais vu depuis que les relevés existent. Les orages s’accompagnant de coups de vent violents, de grêle et de forts abats d’eau, on constate des dégâts nombreux et de grosses inondations.

En Juillet nouveaux orages de grêle dans le Sud-Ouest, et début des températures caniculaires qui ont largement débordé sur le mois d’Août. Une sécheresse inhabituelle frappe la moitié Nord de la France.

Pour l’heure la sinistralité forestière a été relativement faible : des coups de vents et chutes de grêle ont entraîné des dégâts sporadiques, mais réels, sur de faibles surfaces ; jusqu’à l’heure les incendies de forêts semblent heureusement avoir épargné notre pays, en l’absence de vents violents et continus.

Il n’en a pas été de même dans d’autres régions d’Europe.
De manière inhabituelle le tocsin a sonné dans les pays nordiques dès le mois de Mai. D’Oslo à Riga, Pays scandinaves et Pays baltes vont subir une vague de chaleur exceptionnelle qui durera 3 mois. La Suède semble avoir payé le plus lourd tribut à la sécheresse, enregistrant des centaines de départ de feu, se trouvant fort démunie face à ce phénomène nouveau (au moins 25 000ha détruits). Le pays a même demandé des renforts à l’Europe ; du jamais vu.

Puis ce fut le tour de la Grèce où un incendie aussi violent que bref, fin Juillet, s'est déclaré dans une zone forestière très peuplée, en bordure de mer non loin de la capitale : 95 morts en l’espace de quelques heures ; terrible bilan.

Début Août de nouveaux incendies au Sud du Portugal (région de Monchique, 27 000ha brûlés, 41 blessés) ont réveillé les polémiques de 2017 où 100 morts avaient été comptabilisés après de gigantesques feux dans le Centre et le Nord du pays.

Plus loin de nous, ce sont indéniablement les gigantesques incendies de Californie qui ont marqué les esprits : après le terrible incendie de Décembre 2017 dénommé « Thomas Fire », les mois de Juillet/Août ont battu des records : 17 départs de grands feux, 10 morts, 330 000 ha brûlés, plus de 14 000 pompiers engagés, des centaines d’habitations détruites et une première évaluation des dégâts à 15 Mds d’€ …

L’analyse de cette séquence "incendies" surprenante aussi bien par sa répartition géographique que par l’ampleur de ses conséquences, nous amène à faire les commentaires suivants :

a) Il est probable que 2018 restera dans les annales comme une des années les plus chaudes et que « le changement climatique rime bien avec réchauffement de la planète(1) ».

b) Les incendies de forêt deviennent un fléau planétaire et touchent aussi bien le Nord que le Sud.
En Europe les pays nordiques ne sont plus à l’abri de cet aléa, largement sous-estimé jusqu’à aujourd’hui. Les mécanismes européens de solidarité doivent être repensés et renforcés sans tarder.

c) Les incendies de Grèce et de Californie montrent que l’étalement urbain et les constructions anarchiques doivent être proscrits dans les zones à risque.

d) Enfin il est temps, toujours après les incendies de Californie et la fermeture partielle du parc national de Yosémite, de tordre définitivement le cou aux théories dangereuses de type « let it burn(2) », qui ont eu pour effet d’abandonner les travaux de prévention, notamment de débroussaillement, créant dans les forêts de véritables bombes à retardement.

On regrettera amèrement que parmi les centaines d’articles consacrés à ces évènements extraordinaires, aucun n’ait abordé la question, pourtant dramatiquement essentielle, de l’assurance des forêts.
Néanmoins que nos sociétaires soient rassurés : notre Mutuelle entend continuer à les assister en cas de sinistre, comme elle l’a toujours fait depuis 70 ans. Qu’on se le dise !

(1)Paul Quinio-journal Libération, 30 Juillet
(2)Littéralement « laisser brûler » afin de laisser s’accomplir le grand cycle de la nature